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La fausse prédiction de la Vierge à Fatima

 

 

Notons d’abord, pour mémoire, celle d’après laquelle la Russie se convertira au catholicisme et qui faisait l’objet du « secret » de Lucie. Comme la date n’était pas fixée, on peut toujours soutenir que cela se réalisera plus tard, quoique les circonstances ne semblent guère en faveur d’une telle éventualité.

 

Pour la prédiction de la fin de la guerre, il n’en est pas de même. Elle est catégorique. Le 13 septembre 1917, Lucie, interrogée par de Montelo, qui n’est autre que le chanoine R. Dr. Manuel Formigao, professeur de théologie au séminaire de Lisbonne, déclara que peu de temps après le 13 octobre, la paix régnera sur le monde.[1]

Puis, le 13 octobre, aussitôt après la séance, rendant compte de ses visions et des paroles de la Madone, toujours interrogée par de Montelo, elle confirma : « La Vierge a dit que la guerre finirait aujourd’hui et que nous pouvons attendre nos soldats très prochainement. »

L’autre voyante, Jacintha, entendit les mêmes paroles. « Elle a dit, rapporte-t-elle, que la guerre finirait aujourd’hui, qu’on attende bientôt vos militaires. »[2]

Sur une nouvelle interrogation : « Je sais seulement, dit Jacintha, que je lui ai entendu dire (à la Vierge) que la guerre finirait le 13 octobre. Je ne sais rien de plus. »[3]

De son côté, Lucie déclare, catégorique : « J’ai répété les paroles mêmes de Notre-Dame »[4] et Jacintha, de nouveau : « Notre Dame a dit que la guerre finirait quand elle entrerait au ciel. »[5]

Notons enfin que le journal O’Secolo du 15 octobre, sous la signature d’un journaliste témoin des faits, mentionne la prédiction qui se répandit rapidement dans la foule.

Donc pas le moindre doute. La Vierge a déclaré expressément aux deux voyantes que la guerre devait finir le 13 octobre 1917. On sait qu’elle dura encore 13 mois.

La Vierge serait-elle faillible, comme nous autres, pauvres mortels ?

 

Cette erreur flagrante a, bien entendu, troublé les fidèles renseignés. Elle rend, en effet, suspectes toutes les autres communications et la présence même de la Divinité, bases essentielles du pèlerinage.

De Montelo[6] signale avec embarras ces « difficultés », en particulier, dit-il, « la prédiction de la fin de la guerre ». Les prêtres qui ne croyaient pas alors à la réalité des visions ont trouvé un argument décisif en cette fausse prédiction. Ils s’empressèrent d’ailleurs de changer d’avis, dès que le pèlerinage devint officiel et attira des foules nombreuses.

Mais le fait subsiste et les enthousiastes ne peuvent admettre l’erreur flagrante. Aussi n’ont-ils rien trouvé de mieux que de passer le fait sous silence. Malgré les déclarations formelles que nous avons rapportées, ils n’ont pas la moindre hésitation. On supprime ce qui est gênant. Voilà une solution facile du problème, mais d’une moralité singulière.

L’exemple le plus caractéristique nous est donné par le chanoine Barthas et le R. P. de Fonseca. On chercherait vainement dans leur livre, cependant si complet, la prédiction des voyantes, pages 282, 286, 288, qui correspondent, exactement, aux pages 60, 80 et 85 de l’ouvrage de Montelo, suppression totale des déclarations de Lucie et de Jacintha sur la fin de la guerre. Tout le reste est minutieusement rapporté.

 

Voilà un bon exemple de la méthode « scientifique » qu’emploient les apologistes dans les histoires d’apparitions et de miracles. Nous nous trouvons en présence d’une « fraude pieuse », comme il y en eut tant dans les siècles précédents.

 


 

 

[1] De Montelo, Les grandes merveilles de Fatima, Paris, 1931, page 65.

[2] De Montelo, Les grandes merveilles de Fatima, Paris, 1931, page 85.

[3] De Montelo, Les grandes merveilles de Fatima, Paris, 1931, page 94.

[4] De Montelo, Les grandes merveilles de Fatima, Paris, 1931, page 95.

[5] De Montelo, Les grandes merveilles de Fatima, Paris, 1931, page 99.

[6] De Montelo, Les grandes merveilles de Fatima, Paris, 1931, page 11.