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Qu'est ce que le Rationalisme ? Et le scepticisme ?

 

1) La Rationalisme

Peu de mots sont aussi ambigus que celui-là. D'après la définition qu'on trouve dans les dictionnaires courants, le rationalisme serait la doctrine philosophique des Grecs anciens, des scolastiques et des idéalistes classiques, doctrine qui prétend tout expliquer au moyen de la seule raison, à l'écart de tout dogme, et en dehors du recours à l'expérience.

La Raison est la faculté spécifique que possède l'homme de former des concepts, de connaître, de comprendre, de déduire, de démontrer, de juger, et par suite de se conduire.

Pour nous, nous donnons au mot rationalisme le sens qu'en donne l'Union Rationaliste :

Il désigne la doctrine selon laquelle la seule voie de la connaissance est le travail de la raison sur les faits de nature et de la société, effectué sous le contrôle de l'expérience. C'est la méthode même de la science expérimentale, mais les rationalistes n'en restreignent pas l'usage aux seules études scientifiques, et considèrent cette méthode comme universellement valable, et comme seule valable.

Ce rationalisme, que l'on appelle aussi rationalisme scientifique ou rationalisme expérimental, est donc tout à fait étranger, et même contraire au "rationalisme classique" ou "rationalisme a priori" qui prétend que par la seule force du raisonnement, en partant de prétendues vérités a priori, universelles et nécessaires, indépendantes de notre esprit et de la nature, on peut déduire la connaissance du réel.

En effet, pour les métaphysiciens, il existe une raison pure et intuitive, indépendante de nos perceptions et de notre entendement, universelle et permanente, innée, commune à tous les hommes et semblablement présente chez tous; certains, comme Platon, en font le moyen de découvrir a priori la nature et ses lois, ainsi que les fondements et les règles de la morale; Leibniz en fait "le lieu des vérités universelles et nécessaires".

Devant cette raison désincarnée des métaphysiciens se dresse la raison empirique, qui repose sur les connaissances expérimentales. Pour les rationalistes, qui ne reconnaissent pas de vérités en soi, d'évidences a priori, qui n'acceptent la certitude que sous contrôle, la raison humaine résulte du développement des facultés que possèdent déjà les animaux les plus évolués. Elle s'est historiquement et socialement constituée et se perfectionne dans le contact avec la nature, et dans la vie sociale. elle n'est pas donnée une fois pour toutes, elle est acquise par l'homme dans son activité individuelle et sociale. Comme les informations sur lesquelles elle s'exerce, la raison est indéfiniment perfectible. Elle restera donc indéfiniment imparfaite.

La raison est tenue de soumettre à l'expérience les conclusions auxquelles elle aboutit. C'est dans cet effort et sous ce contrôle qu'elle se fortifie et s'améliore, en même temps que s'accroit la somme des faits observés, objet de l'action assimilatrice, généralisatrice et critique de la raison, qui est le propre de la rationalisation scientifique et philosophique.

2) Le scepticisme

Le scepticisme est la doctrine qui refuse d'admettre des vérités certaines et définitives et s'oppose ainsi au dogmatisme.

Il prend bien des aspects au cours de l'histoire. Pyrrhon (IVème siècle avant J.C.) a systématisé le scepticisme. Il préconise la suspension du jugement, seul gage de la tranquillité (ataraxie) dans la vie courante.

Au IIIème siècle, l'Académie platonicienne devient sceptique, grâce à Arcésilas et Carnéade, qui attaquent vigoureusement le dogmatisme, notamment stoïcien. Leur scepticisme n'est pas absolu: si la certitude totale est impossible, on peut s'en remettre au "raisonnable", au "probable" dans la vie pratique. Le probabilisme se rapproche de la mentalité scientifique moderne par son hostilité à la métaphysique et sa prudence.

Le scepticisme n'est évidemment pas limité à l'Antiquité. On sait son rôle dans la réflexion de Montaigne et son utilisation méthodique et provisoire par Descartes. Le christianisme l'a utilisé aussi comme fondement; il y a eu une "sceptique chrétienne" dont Pascal est le fleuron. Parmi les empiristes, David Hume est celui qui se rapproche le plus du scepticisme;

Que vaut le scepticisme ? S'il est absolu et prétend remettre en cause les méthodes et les acquisitions scientifiques, il faut le rejeter. Par contre s'il porte sur l'énorme masse de pseudo-vérités traditionnelles qui forme encore la mythologie quotidienne de trop de gens, il est alors une première opération de santé intellectuelle, il est bien proche de l'esprit critique et, seule, la lutte positive de notre rationalisme peut lui être supérieure.