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La science et la démarche scientifique:

Quelle est sa méthode, qu'est-ce qu'une hypothèse, une théorie, qu'est ce qui la différencie du crédo religieux et des pseudos-sciences

 

_ Ce qu'est la science :

La science a pour but de découvrir, au moyen de l'observation et du raisonnement basé sur celle ci, les lois générales reliant un certain nombre de faits particuliers.

_ Différence hypothèse/théorie :

A partir d'un certain nombre de ces faits, on parvient à une règle générale, dont, si elle est vraie, les faits en question sont des cas particuliers.

Cette règle n'est pas positivement affirmée, mais acceptée  pour commencer comme hypothèse de travail. Si elle est correcte, certains phénomènes non encore observés doivent se produire dans certaines circonstances. Si l'on constate qu'ils se produisent effectivement, cela contribue à confirmer l'hypothèse; sinon, il faut la rejeter et en inventer une autre.

Quel que soit le nombre des faits qui confirment l'hypothèse, cela ne la rend pas certaine, bien qu'on puisse finir par la considérer comme hautement probable : dans ce cas, on l'appelle "théorie" et non plus "hypothèse".

Un certain nombre de théories différentes, reposant chacune sur des faits, peuvent servir de base à une hypothèse nouvelle et plus générale, dont, si elle est vraie, elles dérivent toutes; et aucune limite ne peut être fixée à ce processus de généralisation.

Un crédo religieux diffère d'une théorie scientifique en ce qu'il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s'attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires.

Les changements nécessaires ne servent généralement qu'à obtenir une exactitude légèrement plus grande : les vieilles théories restent utilisables quand il s'agit d'approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vielles théories continuent à témoigner que celles ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l'on peut dire.

Il n'y a pas de vérité définitive en science.

Les applications que l'on tire des recherches et qu'on prend souvent pour œuvre de science véritable, ne sont pas son fait, mais celui de la technique.

Depuis Copernic, chaque fois que la science et la théologie ont été en désaccord, la science a été victorieuse.

 

_ La discipline scientifique :

_ La prudence : la nature est d'une complexité infinie, son déchiffrement exige une prudence extrême.

Pasteur écrit: "Se contraindre des journées, des semaines, parfois des années, à se combattre soi-même, à ruiner ses propres expériences et à ne proclamera sa découverte que lorsqu'on a épuisé toutes les hypothèses contraires, c'est la tâche ardue de la discipline scientifique."

_ Rigueur : En science, tout ce qui n'est pas rigoureusement exact est absolument faux. Cette rigueur est une pensée toujours en éveil, qui préfère avouer son ignorance que de classer certitude ce qui reste doute.

_ Les Exigences de la recherche:

_ Objectivité : une notion scientifique doit être indépendante des circonstances de temps, de lieu et d'observateur

_ Le contrôle : répéter les expériences. Une fois cette répétition achevée, il faut varier, par paliers successifs, les conditions initiales, de façon à distinguer les conditions nécessaires des conditions secondaires ou superflues.

Jamais en science la preuve ne constitue une certitude sans la contre-épreuve. Les preuves les plus décisives d'apparence sont insuffisantes tant que n'ont pas été éliminés tous autres modes d'explication des phénomènes considérés.

_ La cohérence : un fait scientifique doit s'intégrer dans l'ensemble des faits acquis de la science. Il doit se raccorder aux autres faits. Cette exigence découle de l'interdépendance des phénomènes naturels.

La méthode expérimentale part des faits et revient aux faits, par le circuit de l'observation, de l'hypothèse et de l'expérimentation.

_ Le domaine de la science :

La science n'obéit qu'à une seule vocation : la pénétration du réel. Elle est l'unique moyen de connaissance rationnelle.

La réalité n'est plus conçu a priori, mais a posteriori, après expérience. Conséquence, la réalité est moins affirmée qu'éprouvée, elle découle de l'observation des phénomènes et ne doit rien à la foi personnelle.

Les lois scientifiques sont plus des constatations que des explications. Elles ne répondent à aucun pourquoi. Leur demander le sens et le pourquoi des choses répond à des préoccupations anthropomorphiques, qui n'ont aucune signification scientifique.

Le Réel est rationnel. Notre connaissance du monde par la science n'a été possible que par l'application stricte des principes de la raison, ce sont les règles et les scrupules de la raison qui sont devenus les règles et les exigences de la science.

Pour un savant, un phénomène irrationnel n'est pas un phénomène contrariant les principes de la raison, c'est un phénomène dont l'essentiel reste encore inexpliqué.

La science ne sait pas tout, ne peut pas tout, elle est évidemment très restreinte et très superficielle encore, mais il n'y a qu'elle qui puisse être cultivée par qui veut connaître; en dehors d'elle toute spéculation est stérile.

C'est le seul outil dont nous disposons pour explorer l'univers.

_ La méthode scientifique:

a) Raisonnement inductif et raisonnement déductif

L'induction ou la démarche inductive consiste à induire des énoncés généraux (des vérités) à partir d'expériences particulières, rigoureuses et systématiques. Le chercheur observe la réalité sans idée préconçue en cherchant à tout voir si possible, à tout entendre, tout sentir pour en déduire des concepts, hypothèses, théories, lois... Il s'agit d'une approche empiriste. Fondateurs : Francis Bacon, David Hume.

Selon certains sociologues et anthropologues c'est la théorie la plus ancrée dans la réalité et non dans l'imaginaire du chercheur. Elle conduit à la vérité. D'autres la contestent, comme Karl Popper qui avance que l'induction ne garantit pas la véracité de ses énoncés généraux car l'observation d'une réalité ne peut être complète. Pour Popper, une démarche est scientifique si elle permet la falsification (la réfutation) d'une hypothèse et non si elle mène à une impossible vérification.

La déduction ou la démarche déductive, représentée par le philosophe René Descartes (1596-1650), se fonde sur la raison plutôt que sur les sens et l'expérience. A partir de ses intuitions (nées de la connaissance), le chercheur déduit d'autres affirmations qui en sont la conséquence. La déduction se fonde sur le raisonnement et s'oppose à l'empirisme comme source de savoir.

 

b) La méthode hypothético-déductive

La méthode hypothético-déductive est une méthode scientifique qui consiste à formuler une hypothèse afin d'en déduire des conséquences observables futures (prédiction), mais également passées (rétrodiction), permettant d'en déterminer la validité.

Elle est à la base de la démarche expérimentale.

La démarche hypothético-déductive est celle la plus couramment utilisée par les chercheurs, c'est la démarche classique de la science moderne. Elle se compose des étapes suivantes :

1. Le chercheur pose la question de départ

2. Il formule des déductions ou des inductions en fonction des connaissances empiriques qu'il possède sur le sujet.

3. Il adopte ou construit une théorie, formule une ou plusieurs hypothèses de recherche (réponse provisoire à la question de recherche)

4. Il procède à des tests empiriques pour vérifier ou infirmer la ou les hypothèses

5. Si la ou les hypothèses sont vérifiées, la recherche s'arrête là, il lui faut communiquer les résultats.

Si la théorie, la ou les hypothèses sont infirmées par les faits, le chercheur peut délaisser sa théorie et son et ses hypothèses en tenant compte des nouveaux faits. Dans un cas comme dans l'autre, la recherche recommence (ou se poursuit) : le chercheur procède à de nouvelles déductions et/ou inductions, et ainsi de suite...jusqu'à ce qu'il découvre la vérité, c'est-à-dire la théorie et l'hypothèse qui correspondent aux faits.

c) Réfutabilité

Une affirmation est dite réfutable s'il est possible de consigner une observation ou de mener une expérience qui, si elle était positive, entrerait en contradiction avec cette affirmation. Karl Popper a popularisé le concept.

 

d) Conclusion : Une affirmation de type scientifique est critiquable (vérifiable et reproductible) et réfutable.

 

_ Paranormal, parapsychologie, sciences occultes, des sciences ?

 

Sciences occultes : Toutes les démonstrations des occultistes ne serviront à rien, car, de deux choses l'une, ou l'hermétisme conserve à ses prétendues manifestations le caractère de surnaturel et aux yeux de la science il demeure dépourvu de toute réalité, ou il apporte la preuve que les faits dits occultes existent bien en tant que phénomènes naturels et ces faits deviennent ipso facto des faits scientifiques - des faits qui ne sont plus occultes.

Science et parapsychologie. Malheureusement pour les parapsychologues, la réussite de leurs démonstrations est toujours en raison inverse de la sévérité du contrôle.

Quand le sujet n'est pas contrôlé, il y a des phénomènes.

Quand le sujet est contrôlé, les phénomènes diminuent à mesure que le contrôle augmente.

Quand le contrôle est complet, il n'y a plus de phénomène du tout.

L'accumulation de témoignages, de "cas" est un manque de psychologie, une bonne relation oculaire est si difficile à obtenir, qu'une telle abondance est, en elle-même, une démonstration, la démonstration du peu de crédit qu'in convient d'apporter à ce flot intarissable. Un seul cas de lévitation ou de voyance bien prouvé vaudrait mieux que les mille contes sans fondements qu'on nous demande d'accepter.

La bonne foi des témoins? Ils vont nous parler d'une abondance des témoignages. Mettons de coté les menteurs et les fraudeurs, qui sont nombreux. La bonne foi d'un témoin préserve du mensonge, mais non de l'erreur et peut même accentuer la fausseté des convictions en les rendant plus inébranlables.

On peut se louer de la bonne foi, on ne peut rien fonder sur elle. Les dépositions les plus sincères sont en effet à la merci de nombreuses causes d'altération. Ce sont les défectuosités visuelles ou auditives, les erreurs d'appréciations sensorielle, les suggestions de la sensibilité.

Les défenseurs du paranormal reprochent aux savants "officiels" de ne pas se pencher sur leurs travaux et de juger sans savoir. Cela s'imprime chaque jour et cependant, il faut le redire, les savants ont fait preuve d'une patience admirable et sont las de contrôler des essais qui tournent court et de voir les "grands" de la carrière s'esquiver quand on leur demande des preuves. Contrairement à ce qu'on affirme volontiers, la mauvaise volonté n'a pas été du coté des savants, mais bien de celui des occultistes.

Les métapsychistes  songent beaucoup plus à décrire des phénomènes paranormaux qu'à les étudier. Comment peuvent-ils songer alors à les incorporer à la science ? La science n'est pas une accumulation de trouvailles, même sensationnelles, c'est un ensemble de systèmes de relations.

Les milliers d'années de théories et de pratiques occultes, sciences "nouvelles" comprises, aboutissent à un échec généralisé. Elles n'ont rien apporté au progrès intellectuel ou social. toutes leurs initiatives, tous leurs efforts, ont été effectués en pure perte, on chercherait vainement ce qu'elles ont réalisé dans l'ordre du savoir et du bien être général.

La science n'est pas une collection de faits, mais un système cohérent de relations naturelles.

 

_ Ce qu'on peut déplorer :

L'enseignement néglige à peu près complètement le développement chez les étudiants de l'esprit scientifique. L'enseignement moyen, tel qu'il est perpétué, déverse chaque année une multitude de gens cultivés, qui n'ont appris ni à observer, ni à apprendre, ni à juger. Aussi deviennent-ils inconsciemment la proie des croyances mystiques, entretenues dans leur famille, ramassées au hasard de leurs rencontres ou cueillies au cours de leurs lectures.